La liturgie du sacrement de l’ordre
Quelques indications générales :
Le sacrement de l’Ordre est le sacrement par lequel la mission confiée par le Christ à ses apôtres continue à être exercée dans l’Église jusqu’à la f in des temps . Ce sacrement est appelé " Ordre " parce qu’il indique un corps d’ Église dans lequel on est intégré au moyen d’une consécration spéciale appelée " ordination ". Par un don particulier de l’ Esprit, cette consécration permet d’exercer un pouvoir sacre au nom et par l’autorité du Christ pour le service du Peuple de Dieu . Le sacrement de l’ordre se compose de trois degrés qui sont irremplaçables pour la structure organique de l’Église : l’épiscopat, le presbytérat et le diaconat. Le sacrement de l’Ordre se célèbre par l’imposition des mains sur la tête de l’ordinand et une prière consécratoire dite par le célébrant principal.
I. L’Ordination
Par l’ordination, certains fidèles sont institués au nom du Christ et reçoivent le don de l’Esprit Saint pour être par la parole et la grâce de Dieu les pasteurs de l’Église.
En effet, « le Christ, que le Père a consacré et envoyé dans le monde (Jn 10, 36), a, par ses Apôtres, donné à leurs successeurs, c’est-à-dire aux évêques, participation à sa consécration et à sa mission. A leur tour, les évêques ont légitimement transmis à divers membres de l’Église, et suivant des degrés divers, la charge de leur ministère. C’est ainsi que le ministère ecclésiastique, institué par Dieu, est exercé dans la diversité des ordres par ceux que, déjà depuis l’Antiquité, on appelle évêques, prêtres et diacres »
Les évêques, « revêtus de la plénitude du sacrement de l’Ordre » par l’Esprit Saint qui leur a été donné dans l’ordination, « ont été constitués de vrais et authentiques maîtres de la foi, pontifes et pasteurs », et, comme tels, président au troupeau du Seigneur en la personne du Christ-Tête.
« Tout en n’ayant pas la charge suprême du pontificat et tout en dépendant des évêques dans l’exercice de leur pouvoir les prêtres leur sont cependant unis dans la dignité sacerdotale ; et, par la vertu du sacrement de l’Ordre, à l’image du Christ prêtre suprême et éternel, ils sont consacrés pour prêcher l’Évangile, pour être les pasteurs des fidèles et pour célébrer le culte divin en vrais prêtres du Nouveau Testament . »
Aux diacres « on impose les mains non pas en vue du sacerdoce, mais en vue du service. La grâce sacramentelle, en effet, leur donne la force nécessaire pour servir le peuple de Dieu dans la diaconie de la liturgie, de la parole et de la charité, en communion avec l’évêque et son presbyterium
En effet, la tradition, qui s’exprime surtout par les rites liturgiques et l’usage de l’Église tant orientale qu’occidentale, montre à l’évidence que, par l’imposition des mains et la prière d’ordination, le don de l’Esprit Saint est conféré et le caractère sacré imprimé, de telle sorte qu’évêques, prêtres et diacres, chacun à sa manière, sont configurés au Christ .
II. Structure de la célébration
L’imposition des mains et la prière d’ordination sont l’élément essentiel de chaque ordination c’est la prière même de bénédiction et d’invocation qui détermine la signification de l’imposition des mains. C’est pourquoi, puisque ces rites sont le centre de l’ordination, ils doivent être expliqués dans la formation catéchétique et mis en lumière par la célébration elle-même. Pendant l’imposition des mains, les fidèles supplient en silence ; ils participent à la prière en l’écoutant, en la ratifiant et en la concluant par l’acclamation finale.
Au cours de la célébration de l’ordination, les rites préparatoires ont une grande importance ; ce sont la présentation de l’élu (s’il s’agit d’un évêque) ou l’appel des candidats, l’homélie, l’engagement des ordinands, la prière litanique, et surtout les rites explicatifs, différents selon les Ordres, par lesquels sont indiquées les charges conférées par l’imposition des mains et l’invocation de l’Esprit Saint.
L’ordination doit être célébrée au cours d’une messe solennelle, à laquelle les fidèles, surtout le dimanche, participent activement, « auprès de l’autel unique où préside l’évêque, entouré de son presbyterium et de ses ministres ». En faisant ainsi, on unit plus étroitement la principale manifestation de l’Église et la célébration du sacrement de l’Ordre avec le sacrifice eucharistique, qui est source et sommet de toute la vie chrétienne
L’intime lien de l’ordination avec la célébration de l’eucharistie est opportunément manifestée, non seulement par l’insertion du rite à l’intérieur de la messe, par les formules propres dans la prière eucharistique et dans la bénédiction finale, mais aussi, les règles étant observées (cf. nn.23, 110, 185), par le choix des lectures et l’utilisation de la messe rituelle propre à l’ordination conférée.
(Extraits du Rituel de l’Ordination de l’évêque, des prêtres, des diacres, Editions Desclée-Mame, Paris, 1996.)
L’ordination diaconale
Lien : Le rituel expliqué, ici.
