La liturgie du sacrement de la confirmation
Les rites de la confirmations
La célébration du sacrement de la confirmation se déroule dans le cadre d’une messe. (La célébration en dehors de la messe est aussi prévue par l’Église, mais elle ne conviendrait que pour des enfants qui n’ont pas encore fait leur première communion ce qui, normalement, n’est pas le cas en France.)
Elle suit un déroulement précis qui est présenté dans un livre liturgique le Rituel de la confirmation. (Voir la question : Présentation du Rituel de la confirmation.)
Jusqu’à l’homélie incluse, la célébration reprend le déroulement habituel d’une messe : L’entrée en célébration :
chant d’entrée, procession, ;
ouverture de la célébration, accueil ;
préparation pénitentielle (demande de pardon à Dieu) ;
prière d’ouverture
La liturgie de la Parole de Dieu :
première lecture (de l’Ancien Testament ou d’une épître) ;
psaume ;
le cas échéant deuxième lecture ;
acclamation et lecture de l’Évangile ;
homélie.
Puis vient la liturgie propre au sacrement de la confirmation : (voir la question : Les gestes particuliers du sacrement de la confirmation)
l’appel des confirmands (ceux qui vont être confirmés) qui parfois se regroupent devant l’évêque ;
la profession de foi des confirmands puis de l’assemblée ;
l’imposition des mains sur l’ensemble des confirmands par l’évêque et les prêtres associés, en même temps qu’une prière dite par l’évêque demandant à Dieu le don de l’Esprit Saint en plénitude ;
la chrismation ou onction faite par l’évêque ou un prêtre délégué.
le confirmand est accompagné par son parrain ou sa marraine de confirmation qui pose la main sur l’épaule de son filleul.
l’évêque ou le prêtre délégué marque du signe de la croix le front du confirmand avec le Saint-Chrême, en disant : « N., sois marqué de l’Esprit-Saint, le Don de Dieu. »
l’évêque ou le prêtre délégué dit une parole d’encouragement au confirmé, avec un geste d’amitié.
Puis la messe reprend son cours :
prière universelle ; (- pas de profession de foi, puisqu’elle a déjà été faite.)
liturgie de l’eucharistie comme d’habitude.
Les deux gestes du sacrement de confirmation :
Deux gestes accompagnés de paroles sont particuliers au sacrement de la confirmation. Il s’agit de :
l’imposition des mains sur tous les confirmands, accompagnée d’une prière d’invocation de l’Esprit-Saint ;
l’onction avec le Saint-Chrême sur le front, ou “chrismation”, accompagnée de la phrase sacramentelle : « N, sois marqué de l’Esprit Saint, le Don de Dieu. » Bien les comprendre permet aussi de comprendre le sens de ce sacrement et son enracinement biblique. Recevoir un sacrement, c’est toujours recevoir le don de l’Esprit-Saint. Et quand Dieu se donne, il se donne tout entier. L’accent du sacrement de la confirmation est bien mis sur la marque particulière (ou le sceau) de l’Esprit-Saint qui vient comme imprégner la vie du confirmé. Le baptisé vit déjà de l’Esprit-Saint, mais celui-ci n’est pas un objet que l’on pourrait posséder : on n’en vit que pour le recevoir sans cesse. Cette marque est l’attestation que, toujours, il faudra s’appuyer sur les dons de l’Esprit.
L’enracinement biblique des gestes
Dans la Bible, deux gestes forts signalent cette réception des dons de l’Esprit-Saint :
l’imposition des mains, que les apôtres ou les disciples faisaient pour que quelqu’un reçoivent un don particulier de l’Esprit (voir par exemple dans les Actes des Apôtres 6,6 ; 8,17 ; 9,17 ; 13,3 ; 19,6)
l’onction avec de l’huile, qui servait à la consécration des rois (voir 1 Samuel 16,13), du grand-prêtre (voir Lévitique 4,3 ; 8,12) ou des prophètes (voir Isaïe 61,1 que Jésus reprend en Matthieu 13,54). Elle était la marque de l’action de Dieu dans la vie de ces croyants à la vocation particulière. L’huile qui imprègne la peau et le corps symbolise aussi la force et la pureté apportées par l’Esprit-Saint. En grec ancien, langue des Évangiles, l’onction se dit “chrisma” qui a donné le terme de “chrême” (ou “Saint-Chrême”), nom de l’huile particulière pour cette onction. Recevoir l’onction, c’est être “oint”, qui se dit en grec “christos” et qui a donné le mot “Christ”, et ensuite “chrétien”. Enfin, le Saint-Chrême est une huile parfumée, qui répand une bonne odeur. Le confirmé est invité, par toute sa vie, à respirer et à répandre la « bonne odeur du Christ » (cf. 2 Corinthiens 2,15), c’est à dire la vie selon l’Évangile.
Des paroles associées aux gestes
Le geste de l’imposition des mains à tous les confirmands par l’évêque et les prêtres qui lui sont associés est accompagné d’une prière dite par l’évêque uniquement (ou en son nom par son délégué), lui qui est le pasteur du diocèse et successeur des apôtres et atteste de la pleine intégration dans l’Église. Cette prière mérite d’être méditée pendant la préparation. Elle reprend bien le baptême reçu par les onfirmands, et cite les dons de l’Esprit-Saint tels qu’en parle le prophète Isaïe (11,2) :
Dieu très bon, Père de Jésus, le Christ, notre Seigneur, regarde ces baptisés sur qui nous imposons les mains : Par le baptême, tu les as libérés du péché, tu les as fait renaître de l’eau et de l’Esprit ; Comme tu l’as promis, répands maintenant sur eux ton Esprit Saint ; Donne-leur en plénitude l’Esprit qui reposait sur ton fils Jésus : esprit de sagesse et d’intelligence, esprit de conseil et de force, esprit de connaissance et d’affection filiale ; remplis-les de l’esprit d’adoration.
Par Jésus-Christ, notre Sauveur, qui est vivant pour les siècles des siècles.
(Remarque : il arrive que l’évêque prenne une autre prière, très proche, celle qui est réservé à la confirmation pour l’initiation chrétienne d’adultes, lors de la vigile pascale.)
Après l’imposition des mains à tous les confirmands et la prière, a lieu le geste de l’onction avec le Saint-Chrême pour chacun des confirmands qui se fait en même temps qu’une imposition personnelle de la main. Ce geste est accompagné de la parole sacramentelle (c’est-à-dire nécessaire, avec l’onction, pour que le sacrement soit reçu) : « N., soit marqué de l’Esprit Saint, le Don de Dieu. » La formule du rituel en latin pourrait se traduire littéralement par : « N., reçois le sceau du Don de l’Esprit Saint. »
Les gestes, la prière et la parole sacramentelle ne sont pas magique. Ils sont là pour signifier que c’est Dieu qui agit. C’est lui qui répand son Esprit-Saint ; c’est lui qui marque (met un sceau) la vie du confirmé, pour toujours
