La prière Eucharistique
Quelques élements
Une explication plus détaillée
La prière Eucharistique
Nous te rendons grâces, notre Père, pour la sainte vigne de David ton serviteur, que tu nous as fait connaître par Jésus ton serviteur(...) Comme ce pain rompu, d’abord dispersé sur les montagnes, a été recueilli pour devenir un, qu’ainsi ton Église soit rassemblée des extrémités de la terre dans ton royaume... (Didachè, 1er siècle)
On l’appelait autrefois le Canon, c’est-à-dire la règle immuable de la prière. En Orient on l’appelle l’anaphore, c’est-à-dire l’élévation en offrande. Mais désormais dans le monde latin on la nomme la prière eucharistique. Elle est le « centre et sommet » (PGMR n°54) de la célébration. Elle remonte à Jésus lui-même qui d’après les évangiles « prononça la bénédiction sur le pain et rendit grâce »(Marc 14,22-23). Nous avons des exemples très anciens de ces prières eucharistiques, comme celle de la Didachè, ci-dessus. De quoi se compose une prière eucharistique (cf PGMR n°55) : 1) La Préface 2) Le Sanctus 3) L’épiclèse sur les dons 4) Le récit de l’Institution 5) L’Anamnèse 6) L’épiclèse sur le peuple 7) Les intercessions 8) La doxologie finale
Les quatres prières eucharistiques
Dans la primitive église chaque évêque pouvait improviser selon son cœur un chant d’action de grâce sur le pain et le vin. Mais on s’aperçut très vite qu’il était préférable de codifier quelque peu l’inspiration, pas toujours orthodoxe, des pontifes….C’est ainsi qu’apparurent les Canons, règles de la prière. De nos jours le missel Romain propose principalement quatre canons :
La prière eucharistique numéro 1 : appelée Canon Romain car, remontant au moins à saint Ambroise (+397), elle fut durant des siècles et jusqu’au Concile Vatican II l’unique Canon de l’Eglise latine. « Père infiniment bon, Toi vers qui monte nos louanges… » On la reconnaît notamment à l’énumération des saints de Rome (Lin, Clet, Clément, …).
La prière eucharistique numéro 2 : C’est une adaptation récente de la plus ancienne prière eucharistique connue : celle de saint Hippolyte de Rome (vers 215). C’est aussi la plus utilisée, peut-être parce que c’est aussi la plus brève ! « Toi qui es vraiment saint, Toi qui es la source de toute sainteté… »
La prière eucharistique numéro 3 : Elaborée au moment du Concile, cette prière se veut un modèle de prière eucharistique, avec une structure idéale. Elle est la plus élaborée au point de vue théologique et souligne notamment le rôle de l’Esprit Saint, en mettant en relief les deux épiclèses. « Tu es vraiment saint, Dieu de l’univers, et toute la création proclame ta louange… »
La prière eucharistique numéro 4 : Elle s’inspire des anaphores orientales, surtout de la très vénérable anaphore de saint Basile (+379). Elle comprend une Préface propre qui lui est indissociablement liée et qui met l’accent sur le Dieu créateur. Elle développe une véritable histoire du salut. « Père Très saint, nous proclamons que tu es grand… »

